Les lois du conditionnement

I.P. Pavlov et B.F. Skinner ont participé, au début du 20ème siècle, à la compréhension et à la mise en évidence des règles d'apprentissage chez les animaux

Le conditionnement dit "répondant" ou "associatif"

Il a été mis en évidence par I.P. Pavlov en 1912. Pour lui, le schéma d'apprentissage est le suivant :

puis, on ajoute un élément intermédiaire qui va permettre l'association au chien :


Après quelques répétitions, S.N. devient l'élément très intéressant, au même titre que la nourriture :

Le conditionnement associatif est la base la plus simple d'un dressage : on ne demande pas au chien de faire un choix ; il y a seulement pour lui à produire la bonne réponse (salivation).

Le conditionnement dit "opérant" ou "instrumental"

Il a été mis en évidence par B.F. Skinner. Dans ce type de conditionnement, le chien doit sélectionner la réponse la plus favorable. 

Le schéma d'apprentissage est le suivant : pour apprendre au chien à adopter lui-même le comportement que l'on attend de lui, on le met face à deux types de situations. En lui demandant par exemple de s'asseoir, le chien pourra :
- s'asseoir : dans ce cas, il obtient une récompense : il y a alors renforcement positif ;
-
ne pas s'asseoir (renifler, rester debout) : dans ce cas, il est réprimandé ("non !") : il y a alors renforcement négatif ;
l'animal va choisir de s'asseoir pour avoir une réponse positive
il modifie son environnement
il y a relation entre la récompense et la réponse du chien à la commande "assis"


La loi dite "de contiguïté temporelle"

L'animal apprend à anticiper et acquiert le bon comportement dans la mesure où la demande et la récompense se succèdent de manière temporellement contiguë (1/2 seconde).
Si la récompense et la demande sont trop éloignés dans le temps, l'animal ne peut pas apprendre à adopter le bon comportement correctement.


La loi dite "de la répétition"

Le comportement à adopter est d'autant mieux mémorisé que le nombre d'associations entre la demande et le renforcement est élevé. Ainsi, en enchaînant plusieurs fois le schéma " assis" = le chien pose ses fesses au sol, le chien va associer le mot et la position.


La loi dite "de l'extinction"

Le comportement (désiré ou non) disparaît progressivement si la motivation (récompense) n'intervient plus du tout lorsque le chien s'assoit suite à la commande "assis".

Cette loi peut aussi être utilisée à bon escient pour apprendre au chien qu'un comportement n'est pas désiré. Ainsi, un chien qui quémande à table a appris : "si je demande, j'obtiens". Cette association peut se défaire dès lors que le chien ne reçoit plus rien (jamais) lorsqu'il demande ou que les maîtres sont à table. Il apprendra alors : "si je demande, je n'obtiens rien" + "si mes maîtres mangent, je n'obtiens rien". Et le chien arrêtera progressivement de quémander.


La loi dite "de la généralisation"

Avec cette loi, le maître va récompenser le chiot pour un comportement proche de ce qu'il désire. Un bon exemple d'application est l'apprentissage de la marche au pied.
Lorsqu'on demande au chien de marcher " au pied ", le chien met un certain temps à comprendre ce qu'il doit faire. un bon moyen de l'aider est de le récompenser ( caresse, "c'est bien" ) lorsqu'il est du bon côté et qu'il marche près de la jambe du maître. Puis, on lui apprend à se placer mieux, à savoir à côté de la jambe du maître. On récompense un comportement très proche de celui que l'on veut obtenir pour généraliser le positionnement du chien en laisse.


La théorie de la forme : la Gestalt

On est capable d'identifier un signal ou une suite de signaux ou une forme (silhouette d'un chien, bruits, odeurs), même lorsqu'elle n'est pas rigoureusement identique. Quand la forme est amputée d'une partie de son contenu (même silhouette, mais environnement différent), elle est tout de même lisible (le chien reconnaît la silhouette et réagit en fonction de ce qu'il y a associé : joie ou peur).


La réaction émotionnelle conditionnée

L'émotion nécessite une adaptation, cette émotion étant liée à quelque chose de précis :  odeur chez le vétérinaire, forme de la balle, douleur liée à la piqûre, phéromones de peur d'un autre individu.


L'apprentissage dit "par essais et erreurs"

Elle est basée sur le conditionnement dit "opérant". L'animal va sélectionner parmi les opérations qu'il a faites celles qui lui sont les favorables .


La loi de façonnement ou de shaping

Il s'agit d'une technique par laquelle on enseigne à produire un comportement particulier en renforçant des approximations successives de ce comportement

Avec cette loi, le maître va récompenser le chiot pour un comportement proche de ce qu'il désire. Un bon exemple d'application est l'apprentissage de la marche au pied.
Lorsqu'on demande au chien de marcher "au pied", le chien met un certain temps à comprendre ce qu'il doit faire. un bon moyen de l'aider est de le récompenser (caresse, "c'est bien") lorsqu'il est du bon côté et qu'il ne tire pas en laisse. Puis, lorsque le chien ne tire plus, on lui apprend à se placer mieux, à savoir à côté de la jambe du maître. Ainsi, l'on récompense d'abord un comportement proche de celui que l'on veut obtenir, ce qui permet ensuite d'affiner l'apprentissage et d'apprendre la position définitive à adopter.


La réponse d'échappement

L'animal peut apprendre la possibilité de se soustraire à une situation stressante (brossage = douleur) : il anticipe. Cette anticipation peut se traduire de différentes manières (fuite, menace).

En adoptant cette tactique, l'animal tente d'échapper à la situation (exemple du chien qui va se cacher dans un coin pour éviter l'agression qu'il va subir de la part de son propriétaire qui rentre à la maison et qui voit les dégâts qu'a fait le chien).


La détresse acquise

L'état de détresse acquise survient lorsque l'animal (ou l'homme) soumis à une ou plusieurs situations stressantes ne peut trouver de réponse d'échappement et ne peut donc les fuir (collier électrique mal utilisé) . La réponse n'existe pas � la stratégie d'évitement ne peut pas être mise en place ou n'est pas accessible à l'individu.
Cas de la double contrainte : chien dressé à garder, mais qui ne doit pas menacer : si le chien est sanctionné lorsqu'il aboie après des personnes amies des maîtres, alors que s'il s'agit de personnes étrangères on félicite le chien (renforcement positif), il peut avoir une détresse acquise, car le chien ne peut alors plus savoir quel comportement adopter face à des gens (amis ou non).


La loi dite "de l'habituation"

Il s'agit d'un des processus d'apprentissage très simple. Elle se constate lorsque on voit la disparition des réponses motrices non apprises si de nombreux essais s'avèrent toujours infructueux.
Un grand aquarium, séparé en 2 par une cloison transparente, dans lequel on a d'un côté une espèce prédatrice () et de l'autre une espèce proie ().
Le prédateur, pour attraper sa proie, va se cogner plusieurs fois dans la cloison
après un certain nombre d'essais infructueux, le prédateur va cesser de vouloir attraper sa proie
si on enlève la cloison, le prédateur va se remettre à chasser sa proie.


La loi dite de "l'imitation"

C'est un apprentissage : le comportement d'un individu modèle " M " induit un comportement identique chez un autre individu " i " imitateur.
l'imitateur ne fait que reproduire le comportement de "M", c'est-à-dire la réponse donné par "M".


La loi dite de "l'apprentissage vicariant"

Il y a apprentissage vicariant quand l'observateur " O " apprend les réponses correctes parmi celles données par " I " face à " M ".
"O" ne participe pas, mais va adopter les bonnes réponses données par I.

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